Morsure par une recluse brune en occitanie

Déjà suspectée en 2015 suite à des cas semblables, l’araignée recluse brune pourrait être à l’origine d’une série de plaies nécrosantes dans l’Hérault et les Pyrénées-Orientales.

La morsure

Une douleur vive sous le genou qui, quelques jours plus tard, débouche sur une opération en urgence. Voilà la mésaventure vécue par Virginie, une Héraultaise, le 15 juillet dernier. Virginie passe la soirée chez des amis à Mus, dans le Gard, lorsque sa jambe devient soudain douloureuse.

“Je n’ai pas vu à quoi c’était dû. J’ai pensé à une piqûre d’insecte mais très vite la zone est devenue rouge et gonflée.” Deux jours plus tard, elle se présente une première fois devant les médecins d’une clinique montpelliéraine. “On m’a mis sous antibiotiques oraux mais deux jours plus tard, j’étais de retour aux urgences.”

Cinq cas suspects ont par ailleurs été rapportés ces dernières semaines dans cette même région. Quatre personnes ont été hospitalisées dans une clinique de Perpignan au cours du mois de juillet. En 2015 déjà, deux personnes avaient subi une intervention chirurgicale après des morsures d’araignée. La recluse brune, suspectée, n’a été formellement identifiée que dans un seul cas.

D’autres araignées de la région

  • La tarentule. Habitante des garrigues, la Lycosa Tarentula est l’espèce la plus grande de France métropolitaine. Elle vit cachée la journée au fond de son terrier, dans les prairies sèches.
  • L’araignée coccinelle. La petite Eresus Kollari apprécie les lieux secs et chauds. Il est plus facile d’observer les mâles, les femelles restant à couvert.
  • L’Agriope lobé. Emblématique des garrigues, l’Agriope lobata aime la végétation sèche du sud où sa toile passe inaperçue dans les hautes herbes.
  • La Cyrba algerina. Vivant dans les endroits rocailleux, elle fait partie des araignées sauteuses. Pour chasser, elle bondit sur ses proies par surprise.
  • L’Uroctea durandi. Reconnaissable à ses tâches jaunes, elle vit cachée sous les pierres des garrigues dans une toile en forme de chapiteau.
  • La Veuve noire. Aussi appelée Malmignatte, elle est cousine avec la Veuve noire d’Amérique et reste considérée comme la plus dangereuse de France. Rarement en contact avec l’Homme, elle vit dans les terrains secs et ouverts. On la trouve notamment sur les rives du Salagou, dans l’Hérault.

Le roman de Fred Vargas

Un coup de com’ orchestré par la plus célèbre des auteurs de polar hexagonaux ? N’allons pas jusque-là. Reste que la petite araignée joue les têtes d’affiche dans le dernier opus de Fred Vargas, Quand sort la recluse (chez Flammarion). Utilisé dans une sombre histoire de vengeance, son venin mène le désormais célèbre inspecteur Adamsberg sur les traces de l’assassin, dans le Gard.

Le récit du calvaire

Mais ce qui ressemble à une piqûre d’insecte ou une morsure d’araignée franchit une nouvelle étape. Six jours après l’apparition de la douleur, Virginie se présente à l’hôpital Lapeyronie de Montpellier. Sa jambe, d’abord très rouge, a pris une inquiétante couleur noire. Le diagnostic tombe. Une partie de la zone touchée commence à se nécroser. Il faut l’opérer en urgence puis lui administrer de puissants antibiotiques en intraveineuse. Elle n’aura droit de sortir de l’hôpital que quelques heures… pour se marier !

“J’ai cru un moment que j’allais perdre ma jambe”, confie Virginie depuis son lit, toujours reliée à un appareil censé réparer ses chairs meurtries. Hospitalisée à son domicile, elle cherche l’origine de son mal. Et oriente ses investigations vers une morsure d’araignée recluse. “Les symptômes sont les mêmes et mon fils a observé des toiles d’araignées dans la zone où je me suis fait piquer.”
Pas de certitude

Du côté du service plaie et cicatrisation de l’hôpital montpelliérain, on confirme les lésions, mais pas nécessairement leur origine. “Une recluse ? C’est possible, mais nous ne pouvons pas établir avec certitude le diagnostic si l’araignée n’est pas capturée et observée dans un laboratoire pour analyse entomologique”, explique le docteur Christian Herlin. Recluse ou pas, Virginie devra prochainement subir une greffe de peau. Et si elle accepte aujourd’hui de raconter sa mésaventure, c’est avant tout pour que “les autres victimes réagissent à temps”.

Les bons gestes

En été, les morsures d’araignées sont fréquentes. S’il convient de ne pas sombrer dans la psychose, quelques précautions permettent d’éviter les désagréments, comme le rappelle le docteur Christian Herlin. « Beaucoup de morsures sont indolores sur le moment et les symptômes n’apparaissent qu’au bout de plusieurs heures. » En cas de démangeaisons, de rougeurs ou en présence de deux points bleutés au centre d’une zone rouge, « nous préconisons d’appliquer du froid pour diminuer l’action du venin, car il est thermolabile ».

Autre geste décisif, tenter d’identifier la coupable et, dans le meilleur des cas, la prendre en photo ou la capturer. « Les réactions physiques sont très variables selon les patients, la quantité de venin injecté et l’endroit de la morsure. » Si la douleur persiste, ou que des symptômes nouveaux apparaissent, consultez rapidement votre médecin.
« L’araignée recluse fait souvent office de coupable idéal »

L’experte Anne Bounias-Delacour, arachnologue installée dans le Vaucluse, reste prudente.

« Mon point de vue, comme celui de mes confrères arachnologues, c’est qu’il est quasiment impossible que la Loxosceles reclusa, communément appelée la recluse brune, soit la fautive. Cette araignée n’est présente qu’en Amérique du Nord. La confusion se fait avec sa cousine européenne, la Loxosceles rufescens, très présente dans le bassin méditerranéen et particulièrement sur les territoires de l’ancien Languedoc-Roussillon. »

La recluse brune, dangereuse pour l’homme

Le venin de la recluse européenne est moins dangereux que celui de la recluse brune. Mais il reste puissant et peu provoquer des lésions cutanées, voire des nécroses dans une minorité de cas.

La recluse à l’origine des blessures observées dans la région en 2015 et ces dernières semaines ?

Techniquement oui, car elle est présente dans le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Mais l’araignée recluse – que l’on appelle aussi araignée violoniste en référence à la forme de son céphalothorax – est souvent désignée comme le coupable idéal. Et cela alors même que d’autres araignées et certains insectes peuvent infliger des blessures similaires.
Dans 90 % des cas, les personnes piquées ou mordues ne voient pas par quoi elles l’ont été. C’est pourtant déterminant au moment de définir un traitement, car tous les venins ne sont pas similaires. Certains provoquent de simples démangeaisons, d’autres des nécroses ou des effets neurotoxiques.
Sur la petite dizaine d’attaques attribuées à la recluse dans notre région, une seule a pu être formellement authentifiée car l’araignée a été retrouvée. C’était à Nîmes, en 2015.

La recluse qui vit dans notre région est-elle agressive ?

C’est une toute petite araignée. Elle ne mesure en moyenne qu’un centimètre et dans certains cas, ses crochets ne parviennent même pas à percer la peau humaine. Par ailleurs, elle tire son surnom de “recluse” de son immobilité. Elle tisse sa toile dans les coins tranquilles, greniers, garages, placards…

Arachnophobie chez beaucoup d’entre nous ?

La peur des araignées est éminemment répandue, même en France où aucune araignée mortelle n’a jamais été répertoriée, et où aucun décès des suites d’une morsure n’a été signalé ces deux cents dernières années. Quand à la recluse, nous surveillons les populations présentes dans notre région. En cas de forte augmentation, nous alertons immédiatement les CHU pour sensibiliser les médecins. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

[source : midilibre.fr]

4 cas de nécrose à Perpignan cet été

Des cas de nécroses particulièrement alarmants ont été détectés en France à Perpignan. Il s’agirait peut-être de piqures d’une araignée très répandue en Amérique du Nord et dans le bassin méditerranéen. Pour l’heure, quatre personnes ont déjà été hospitalisées dans les Pyrénées-Orientales. Elles présentent toutes les mêmes symptômes: brûlures, plaque noire, voire de la fièvre. Il se pourrait que ce soit dû à l’araignée violoniste, aussi appelée recluse brune. Pire encore, les personnes ayant été mordues doivent agir vite. Sous peine de voir la zone touchée partir se décomposer. Les médecins ont lancé l’alerte afin que toute personne suspectant une morsure d’araignée consulte immédiatement.

necrose araignee recluse brune

Recluse brune ou Loxosceles rufescens ?

Anne Ricart, médecin à la clinique Saint-Pierre, explique en effet que les blessures se nécrosent à l’endroit où les patients ont été mordus. Il est pour l’heure impossible d’affirmer qu’il s’agit bien là de l’œuvre de cette araignée violoniste. Ou d’une simple infection due à la morsure d’une autre araignée. Dans tous les cas, il est possible de l’identifier en raison de ses pattes longues et fines. Contrairement aux autres araignées, elle n’a que 6 yeux (au lieu de 8). En été 2015, 3 cas similaires avaient été recensés. On avait alors pensé qu’il s’agissait de la recluse brune, mais c’était en fait l’œuvre de sa cousine européenne, la Loxosceles rufescens. Elle fait également partie de la catégorie des recluses, mais est moins dangereuse.

[source : letribunaldunet]

Roman – Quand sort la recluse – Fred Vargas

C’est l’histoire d’un triple assassinat peu ordinaire : celui de la recluse brune. Voici la présentation de l’éditeur :

«
– Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?
»

Quelques commentaires de lecteurs :

  • la recluse de Fred Vargas fait partie de ses meilleurs histoires ; on y retrouve le suspense , l’intelligence , la drôlerie et la tendresse qui la caractérise …
  • Comme d’habitude Fred Vargas nous expose la petite vie de ce commissariat avec ses personnages attachants et improbables. L’intrigue est passionnante et, même si au ¾ du livre on se doute de la fin cela reste un plaisir de bout en bout.
  • Original, vif, de l’humour, facile à lire. Excellent livre de Fred Vargas.

Amateurs de romans à suspens, n’hésitez pas à commander cet ouvrage qui ne vous laissera pas de marbre :

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